reflexions sur un baptême monégasque


https://www.ducdanjou.com/post/bapt%C3%AAme-princier-sur-le-rocher-de-sar-la-princesse-Elisabeth

Fille du duc et de la duchesse d’Anjou, Elisabeth porte le titre de Princesse d’Orléans et le prédicat d’Altesse Royale. Elle suit en cela l’usage fixé par le roi Louis-Philippe Ier dans son ordonnance du 13 août 1830.

Des armes de demoiselle

La princesse a les armes du duché d’Anjou : d’azur à trois fleurs de lys d’or, à la bordure de gueules. Selon la tradition héraldique réservée aux jeunes filles, elle les portera en ovale, la forme propre aux armes de demoiselle. L’écu est sommé de la couronne ouverte des princes du sang de France, un cercle d’or rehaussé de fleurs de lys.

Remarques

le duc et la duchesse d’Anjou :

L’attribution initiale (2004) : Le titre a été accordé à Charles-Philippe d’Orléans le 8 décembre 2004 par son oncle, Henri d’Orléans (alors comte de Paris et prétendant orléaniste au trône de France).

La destitution interne : Le chef actuel de la maison d’Orléans, Jean d’Orléans (comte de Paris et cousin germain de Charles-Philippe), lui a retiré l’usage de ce titre. Cette décision découle de différends familiaux et dynastiques, notamment liés à la non-reconnaissance du mariage de ses parents (Michel d’Orléans et Béatrice Pasquier de Franclieu). Malgré cela, Charles-Philippe d’Orléans continue de l’utiliser publiquement et dans ses activités de communication.

Princesse d’Orléans …. Elle suit en cela l’usage fixé par le roi Louis-Philippe Ier dans son ordonnance du 13 août 1830.

Le texte présente ces titres comme découlant naturellement d’un texte officiel (« l’ordonnance du 13 août 1830 »), ce qui est trompeur à un double titre :

  • Une ordonnance d’un régime disparu. Cette ordonnance de Louis-Philippe Ier réglait le statut de ses propres enfants dans le cadre de la Monarchie de Juillet — elle leur substituait, à eux et non à leurs descendants perpétuels, le titre de « prince/princesse d’Orléans » avec Altesse Royale, en lieu et place de leur qualité antérieure de petits-enfants de France. C’est un texte de circonstance, propre à un règne, pas une charte dynastique intemporelle. Le présenter comme la source actuelle des titres d’un descendant du XXIᵉ siècle, cent quatre-vingt-seize ans après la chute de la monarchie de Juillet, relève de l’extrapolation, non de la démonstration juridique.
  • Aucune valeur en droit français contemporain. Depuis la disparition de toute monarchie reconnue en France, plus aucun texte de droit positif ne confère une quelconque portée légale à un titre de « prince » ou au prédicat « Altesse Royale ». Leur usage relève exclusivement de la coutume familiale et mondaine ; il n’est opposable à personne. Un usage à but lucratif ou trompeur pourrait même, en théorie, tomber sous le coup de l’usurpation de titre (art. 433-17 du code pénal), même si la jurisprudence tolère largement l’usage de courtoisie non lucratif.

et le prédicat d’Altesse Royale

Même en restant strictement à l’intérieur de la logique dynastique orléaniste, rien n’établit que le prédicat d’Altesse Royale, réservé historiquement aux Fils et Petits-fils de France, s’étende sans discussion aux enfants de cette branche cadette. L’usage interne de la maison d’Orléans a plutôt tendu, à mesure que les branches s’éloignent du chef de famille, à distinguer Altesse Royale et simple Altesse. Présenter la chose comme un fait acquis masque un débat de statut qui existe bel et bien au sein même de la mouvance orléaniste.

La forme ovale pour les « armes de demoiselle » :

C’est heraldiquement discutable. La tradition héraldique française consacre plutôt le losange (le lozenge) comme forme propre aux armoiries féminines, mariées ou non ; l’écu ovale est davantage un usage italien ou ecclésiastique/moderne. Présenter l’ovale comme « la forme propre » à la tradition française est donc une approximation.

Une réflexion au sujet de « reflexions sur un baptême monégasque »

  1. Avatar de FaustinFaustin

    Il y a beaucoup de choses qui ne vont pas dans ce communiqué :

    L’ordonnance du 13 août 1830 était propre à la Monarchie de Juillet puisque ce régime ne pouvait pas continuer d’utiliser les titres issus des règles capétiennes traditionnelles. Depuis, il y a eu un événement d’importance qui s’appelle la Fusion en 1873. Pour un « prince » qui nous sort du Capétien une phrase sur deux, comment l’avoir oublié ? L’ordonnance de 1830 a été remplacée par le règlement d’avril 1892 promulgué par Philippe VII qui détermine les nouvelles titulatures et l’héraldique de la Maison de France suite à l’avènement du Chef de la Branche d’Orléans comme Chef de la Maison de France. Soit on applique l’ordonnance de 1830 (auquel cas la Princesse Chantal doit être appelée « d’Orléans ») soit on applique le règlement de 1892 (et là on dit « de France ») et donc c’est reconnaître l’autorité dynastique du Chef de la Maison de France, et par voie de conséquence l’exclusion de la branche Évreux.

    Le titre de « Prince de Habsbourg » est strictement réservé aux branches belges de la Maison impériale, branches auxquelles n’appartient pas l’Archiduchesse Siméon d’Autriche. D’ailleurs, pourquoi son mari n’est-il pas appelé « Prince Siméon de Habsbourg, Archiduc d’Autriche » dans ce cas-là dans le commentaire qui accompagne ce communiqué ?

    Les Orléans-Bourbon ne sont ni Princes ni Altesses Royales, ils n’ont aucun titre reconnu par le Roi d’Espagne (voir le BOE ou le Guia Oficial de Espana) ni par le Chef de la Maison de France. Descendre du roi Louis-Philippe en ligne masculine ne suffit pas à leur donner cette qualité.

    Les armes des femmes non-mariées de la Maison de France est en forme de losange et non ovale, précisément selon le règlement d’avril 1892 de Philippe VII qui a largement été publié dans L’Almanach de Gotha tout au long du 20e siècle. La couronne qui timbre les armes est celle des Princes de la Maison de France (qui a 5 fleurs de lis) et non celle des Princes du Sang (qui a 3 fleurs de lis alternées de deux fleurons d’aches) et qui depuis Louis XV est strictement réservée… aux non-dynastes. Le vocabulaire est important en héraldique.

    L’orthographe aussi d’ailleurs car les puristes de l’orthographe héraldique diront que « lis » s’écrit avec un i et que l’orthographe avec un y est réservée uniquement au végétal.

    Un jour… peut-être… Monsieur Charles-Philippe d’Orléans arrivera à nous sortir un communiqué correctement rédigé du 1er coup.

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